Mercredi 23 Août 2017

Le Burkina Faso est plongé depuis le mois de Février dernier dans une crise socio-politique dont le dénouement se fait attendre. Deux événements atypiques ont été les catalyseurs de cette crise. Le premier est le décès de Justin Zongo, un élève du collège Guesta-Kaboré de Koudougou. La controverse sur les causes du décès est à l’origine de la protestation des élèves et étudiants.

Il y a de cela vingt cinq (25) ans maintenant, le 07 Février 1986, que Cheikh Anta Diop s’en est allé laissant ses disciplines et ses admirateurs dans un total désarroi. Ce pionnier de la lutte pour l’indépendance a, cependant, laissé pour la postérité une œuvre féconde d’une exceptionnelle richesse. En effet, sa production intellectuelle est prodigieuse et très impressionnante. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages fondamentaux et d’articles scientifiques de très grande valeur. Son œuvre a, non seulement, servi de vivier idéologique et identitaire au combat de nombreux nationalistes africains pour l’indépendance, mais encore, ses travaux sont devenus, aujourd’hui, un point de ralliement pour les nouvelles générations d’intellectuels africains et de la diaspora.

L'Afrique face à ses langues (suite et fin)

 Un autre aspect non moins important sur la problématique des langues est le contrôle de la pensée. La langue en est un élément clé. Tout analyste averti sait que l'Afrique Noire est probablement la seule partie du monde qui ne contrôle pas les idées qui circulent sur son territoire. Par contrôle, il ne faut pas comprendre la main mise d'un régime politique sur les mécanismes de production et de circulation des idées. Il s'agit plutôt d'une certaine autonomie dans la production des idées et du fait que les acteurs de cette production doivent être internes à la société en question. La langue est un élément clé du contrôle de la pensée. Un peuple dont on contrôle les idées est un peuple sans avenir. Il n'est plus nécessaire d'envoyer des armées sur place pour l'exploiter. On peut le convaincre à s'auto-détruire. Il est incapable de prendre la moindre initiative car les problématiques sont élaborées par d'autres à sa place. C'est probablement la raison pour laquelle, malgré les professions de foi, la question de la langue n'est toujours pas tranchée en Afrique.

La crise financière et sociale mondiale actuelle frappe durement l’Afrique malgré les tentatives de minimiser son impact par nos dirigeants politiques et leurs thuriféraires. Mais, comme le disait le sage chinois Lao Tseu : « Quand les gros maigrissent les maigres meurent ».    Cette crise affecte les Africains et les  Burkinabè en particulier. Malheureusement, devant cette situation, très peu de voix, notamment au niveau des intellectuels burkinabè se font entendre pour éclairer le peuple et contribuer aux débats d’idées nécessaires au progrès de toute société.

... les intellectuels burkinabè évoluent trop souvent en solo. Enfermés dans leurs minuscules tours d'ivoire, ils communiquent rarement entre eux. Ils jouent chacun leur partition et apparaissent comme des farfelus si ce n’est des fous qu'on écoute par inadvertance, juste pour se distraire. Repus de leur gloire solitaire et dérisoire, ils se contentent de pérorer chacun dans son coin, comme des âmes damnées. Ils sont donc incapables de susciter le mouvement d'idées qui seul permettrait d'enclencher le type d'interrogations et de secousses sociales dont nous avons besoin.

Les contestations et les violences qui ont émaillé les élections présidentielles organisées récemment dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest étalent au grand jour les limites des systèmes politiques reposant sur une organisation périodique de consultations électorales.

Sans remettre en cause ce type de système politique il apparaît toutefois nécessaire de le remettre en question dans le contexte africain afin de dégager les palliatifs indispensables à la survie des États africains.

Ce problème est inhérent au mode de gouvernance couramment appelé démocratie qu’on essaie de mettre en place en Afrique . Dans ce type de régime, il n’y a que le nombre de personnes qui s’alignent derrière soi qui compte...

 

Toucher à l’article 37 de la constitution, c’est plonger le pays dans une spirale sans nœud. Ces propos du président du PAREN répond à une question politique, encore insoluble en Afrique et au Burkina en particulier. Ils font le constat du non avènement d’Etats solidement ancrés dans des pratiques démocratiques après 50 ans d’indépendance. L’objet de ces lignes n’est pas de raviver les songes qui ont accompagné et guidé les pères des indépendances africaines. Notre intention est double. Il s’agit de faire ressortir les intentions proprement politiques de nos constitutions en particulier celle du Burkina Faso sans tenir en suspens les principes qui guident leur interprétation.

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