Mardi 17 Octobre 2017

La diaspora africaine en Occident fait face à de nombreux défis parmi lesquels figure la question de l’équilibre sentimental. La facilité d’établir des relations romantiques ainsi que l’épanouissement au sein des couples constituent bien évidemment des conditions nécessaires à cet équilibre. Cependant, force est de constater que ces conditions ne sont que rarement remplies au sein de cette diaspora. La nécessité de comprendre ce phénomène s’impose car de cela dépend non seulement le bonheur actuel de cette diaspora mais aussi sa capacité à forger un meilleur avenir pour sa descendance.

Un pamphlet circule sur Internet à propos du manque de stratégie des dirigeants africains comparés au reste du monde. L’analyse qui suit sur comment l’Afrique de l’Ouest par manque de stratégie est tombée dans le piège de l’Occident renforce cette idée ... Ce qui est en effet curieux, c’est qu’une petite fraction des dépenses militaires américaines aurait suffisamment équipé l’armée malienne pour qu’elle fasse échec aux islamistes. Bien au contraire, depuis l’émergence d’Al-Qaeda, leur présence militaire se fait discrète. Quand Al-Qaeda était absent du Nord du Mali, la France et les États-Unis y étaient pour les combattre; maintenant qu’Al-Qaeda y est, c’est en vain qu’on cherche leur présence. Ils préfèrent déconseiller leurs ressortissants de se rendre au Mali et se montrent réticents à soutenir une intervention militaire ouest-africaine.

Notre pays a certes connu divers bouleversements sociopolitiques depuis son indépendance, le 05 août 1960, mais les plus importants se sont produits sans doute lors de la révolution de 1983-1987. Le 04 Août 1984, lors de l’anniversaire de l’avènement de la révolution, le pays a changé de nom pour devenir le Burkina Faso. Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé et plusieurs de nos compatriotes, si ce n’est leur écrasante majorité, ont oublié ou n’on pas une bonne connaissance des symboles de l’État et de leur signification profonde.

Le mot «democracy» dans le moteur de recherche Google Schoolar produit environ 40 millions de liens que le lecteur pourra consulter. De cette simple expérience de recherche sur Internet, on pourra conclure que si la démocratie était un concept simple, il ne serait peut-être pas nécessaire de consacrer tant d’efforts sur le plan académique pour l'expliquer. En dépit de cette complexité, de nombreux pays se tournent de plus en plus  vers la démocratie. L’organisation de défense des pratiques démocratiques, Freedom House (2012) estime que 117 pays dont le Burkina Faso, ont opté pour la démocratie, entendue comme un moyen de sélection des leaders politiques ou des gouvernements à travers des élections libres et transparentes dans lesquelles tout citoyen adulte peut voter.

Le livre sur lequel porte cette critique est intitulé « L’Afrocentricité ». Il a été écrit par l’un des plus brillants intellectuels Africiains-américains de notre époque, Molefi Kete Asante. L’auteur est actuellement Professeur au  « Department of African American Studies »  à Temple University, Philadelphia, Pennsylvania, USA. Publié en Anglais sous le titre original de « Afrocentricity  : The Theory of Social Change », il a été traduit en Français par la guadéloupéenne Ama Mazama, une de ses « disciples » qui enseigne également dans le même département à Temple University.

Ce livre porte essentiellement sur l’exposé d’une philosophie d’action pour les Africains et leurs descendants, appelée Afrocentricité. L’auteur définit l’Afrocentricité comme  « la croyance en la position centrale des Africains dans l’histoire post-moderne » (p18). S’adressant aux Africains, il affirme que l’Afrocentricité «c’est notre histoire, notre mythologie, notre motif créatif, et notre ethos, le reflet de notre volonté collective » (p18).

Rien qu’à travers son prénom typiquement africain, on sent l’attachement des parents de l’auteure Dambisa Moyo à leur continent, l’Afrique et à leur patrie, la Zambie. C’est donc sans surprise qu’ils ont fait le choix de retourner dans leur pays natal à la fin de leurs études aux USA. En Zambie, ils ont œuvré chacun à sa manière pour la construction de la Nation Zambienne. Sa mère est une banquière et son père, un universitaire qui lutte contre la corruption notamment à travers des émissions radiophoniques.

En parcourant le livre de Dambisa Moyo,  on a cependant l’impression que le fruit est tombé loin de l’arbre. Dans la préface, elle décrit elle-même le peu d’envie qu’elle a de retourner au pays  car dit-elle malgré la présence de «fonctions forts rémunérées, c’était dans le cadre d’une bureaucratie lourde et grinçante».

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