Mardi 12 Décembre 2017

Au cours de son premier voyage en Afrique en Juillet 2009, Barack Obama avait déclaré que "l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais d’institutions fortes." En réponse, Blaise Compaoré avait aussi déclaré en août 2014 lors du dernier sommet américano-africain à Washington qu’ «il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durée." Beaucoup d’encre et de salive ont coulé pour expliquer qui des deux présidents avait tort ou raison. A la faveur du soulèvement populaire qui a eu lieu au Burkina Faso, il parait approprié de revenir sur ce débat en visant deux objectifs. Le premier sera de tirer les grands enseignements sur la nature des institutions sous l’ère Compaoré. C’est pour cette raison que la première partie de cet article explorera l’univers des institutions du régime de Blaise Comapore. Le second objectif consistera à se projeter dans le futur et y dessiner le futur de nos institutions pour qu’elles soient plus fortes. Ainsi, la deuxième partie de l’article se focalisera t-il sur des propositions concrètes pour accompagner l’édification de nos institutions post-transition.

La Chine est devenue officiellement la première puissance économique mondiale depuis la publication en octobre dernier des données sur l’économie mondiale par le Fond Monétaire International (FMI). En termes de pouvoir d’achat réel, la Chine représente maintenant 16,5% de l’économie mondiale devant les 16,3% des USA. Selon les spécialistes, l’écart continuera à se creuser entre les deux pays. La Chine met ainsi fin au règne des USA comme leader de l’économie mondiale depuis 1872. Ceci représente à n’en point douté un bouleversement géopolitique malgré le silence des médias occidentaux sur le sujet. L’objectif de cet article sera dans un premier temps d’expliquer en quoi le triomphe économique de la Chine constitue un bouleversement de l’ordre mondial. Dans un second temps, il s’agira de dégager ce que l’Afrique pourra gagner dans sa relation avec la Chine par comparaison à sa longue expérience de “coopération” avec l’Europe/l’Occident.

Appel à la jeunesse burkinabè !

Écrit par Jeudi, 30 Octobre 2014 00:00

Ceci est un appel à la jeunesse burkinabè. Un appel à l’engagement, à la réflexion et surtout à l’action.

Notre nombre est notre force dit le Balai Citoyen. Numériquement, nous sommes les plus nombreux car 80% de la population burkinabè a moins de 35 ans. Nous sommes une population d’adolescents et de jeunes. Le Burkina Faso nous appartient et notre avenir est devant nous. Rien ne s’accomplira donc sur le plan politique sans la participation ou l’approbation des jeunes. Ne laisse pas des assoiffés de pouvoir ainsi que les politiciens moutons sacrifier ton avenir sur l’hôtel de leurs ambitions. Débarrasse-toi des politiciens corrompus mais souviens toi de ceci : le seul changement d'homme ou de femme à la tête du pouvoir ne signifiera pas nécessairement la fin de ton calvaire en tant que jeune et laissé pour compte de ce pays. Sans contre-pouvoir efficace, ils abuseront de ta confiance et ne serviront que leurs intérêts. Ils le feront par méchanceté, par manque de grandeur ou simplement par manque de vision. Jeunesse burkinabè, tu es un contre-pouvoir. Mobilise-toi comme un seul homme pour défendre tes droits civiques, politiques, économiques, culturels et sociaux.  Ton dynamisme, et ta détermination dans cette mobilisation pour ton avenir fera réfléchir deux fois ceux et celles qui dilapident les ressources de l’État sans construire pour l’avenir.

Un exemple contemporain d’application réussie de la palabre africaine est la mise en place des institutions de la Transition au Burkina Faso, notamment le choix du président, après l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2014. Après avoir nettoyé la capitale, le peuple s’est rassemblé à travers les partis politiques, les organisations de la société civile, les chefs religieux et traditionnels, les forces de défense et de sécurité, etc. pour choisir un nouveau Président du Faso. C’est à travers une assise de la PA que les décisions ont été prises. Un comité en charge est constitué et c’est à l’issue d’échanges de plusieurs heures que le nom du Président de la Transition est annoncé suite à une décision consensuelle. Le peuple, se reconnaissant très bien dans la PA, a accepté toutes les décisions prises et le Président de la Transition est reconnu et accepté par tous les Burkinabe. La “Palabre Africaine” est un processus de concertation et d’échange, visant à une prise de décision (cas d’une résolution de litiges, cas d’un choix stratégique pour l’avenir de la communauté, etc.) dont l’unique but est le rétablissement ou la préservation de l’harmonie sociale et la solidarité.

La civilisation africaine est par essence communautaire. Les Africains placent au cœur de leur mode de vie le bien-être de la communauté plutôt que celui des individus. Toutefois, comme dit ce proverbe togolais d’origine Ewe “deux calebasses placées  sur une même surface d’eau finissent par se cogner”. C’est dire que la cohabitation et la vie communautaire n’est pas toujours sans tension. Que faire donc pour solutionner les conflits qui peuvent surgir de temps à autres? Nos ancêtres ont trouvé une excellente solution à cette problématique en la “Palabre Africaine”. C’est dans l’objectif de mieux comprendre cette pratique ancestrale et aussi de voir comment elle peut aider à consolider la démocratie en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier que cet article est écrit.

Tout change, tout évolue, seuls les hommes forts africains ne changent pas. On croirait entendre Mobutu Sese Seko, quand Blaise Compaoré et ses soutiens évoquent la spécificité de l’Afrique comme contre-argument au président américain Barack Obama, auteur de la célèbre phrase : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, l’Afrique a besoin d’institutions fortes ». Selon Compaoré, « il n’y a pas d’institutions fortes, s’il n’y a pas d’hommes forts pour poser les jalons de ces institutions, dans la durée ». L’opposition politique burkinabè a immédiatement répliqué que l’Afrique avait besoin de grands hommes comme Mandela et non d’hommes forts comme Mobutu.

Au-delà de la confusion sur le sens de l’expression «homme fort» qui renvoie plus à un «autocrate» qu’à un «démocrate», c’est la logique même de la dépendance du destin du continent sur quelques hommes qui est en débat. Le lecteur attentif l’aura deviné : le titre de l’article renvoie à un spectre de dirigeants plus large que les seuls «hommes forts». Cela est intentionnel car la question qui est posée ici est la suivante : l’avenir de l’Afrique passera-t-il par des hommes providentiels ou se croyant tels, ou par un sursaut collectif, résultat d’une prise de conscience des peuples?

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