Imprimer cette page

Barack Obama, premier président noir des États-Unis, a-t-il délivré ses promesses?

Les événements historiques lointains, enseignés dans les écoles, lycées et universités, et épisodiquement évoqués dans les médias, ont acquis cette importance par l'effet du temps qui s'est écoulé depuis leurs avènements jusqu'aux jours présents. On peut aisément concevoir que ces événements n'ont pas eu la même signification pour ceux qui les ont vécus d’autant plus qu’il est difficile d’anticiper ce que l’Histoire retiendra. Cependant, il y a des événements, quoique rares, que l'on vit avec le pressentiment qu'ils seront inscrits en grandes lettres dans l'Histoire de l'humanité. L'élection de Barack Obama a été de ceux là. Huit années se sont écoulées depuis et il est temps de se poser la question de savoir si le personnage et sa présidence ont été à la hauteur de leurs promesses. Cet écrit se penchera sur le bilan de l’action interne d’Obama, la politique extérieure fera l’objet d’une réflexion ultérieure.

On se souvient en effet de l'enthousiasme qui s'est emparé du monde au soir du 04 Novembre, 2008, à l'annonce de son élection comme 44ième président des États-Unis d'Amérique (É-U). Entre autres, on peut se remémorer de la célèbre phrase de John Kerry, actuel ministre des affaires étrangères des É-U et sénateur à l'époque: «Ce soir, de nouveaux rêves sont nés; d'anciennes vérités ont été affirmées. Ce soir, nous entrons dans une ère nouvelle pour l'Amérique, une Amérique meilleure, une Amérique de nos plus  grands espoirs.»[1]

La réaction de la communauté afro-américaine peut être résumée par cette strophe du rappeur Jay-Z : «Rosa Parks s'est assise pour que Martin Luther King puisse marcher, Martin Luther King a marché pour que Barack Obama puisse courir, Barack Obama a couru pour que les enfants puissent planer»[2]. L'icône Nelson Mandela a lui, félicité B. Obama en ces termes : «Votre victoire a démontré que nulle part dans le monde, personne ne doit s'interdire de rêver de changer le monde en mieux»[3]. Presque sans exceptions, tous ont exulté à l'annonce de la victoire d'Obama. Mais quelle en est la raison exacte? 

La première est sans doute celle qui transparaît de la chanson de Jay-Z: l'avènement du premier président noir dans ce pays là-même qui s'est bâti sur la distinction entre les Blancs et le reste de l'humanité, ce pays qui a décimé les autochtones de l'Amérique, ce pays qui a déporté des millions de Noirs de l'Afrique pour les réduire en esclavage au nom de l'altérité raciale, ce pays qui enfin a dénié aux Noirs et aux femmes le droit de vote jusqu'à la moitié du siècle dernier.

L'enthousiasme suscité par l'élection de B. Obama, ce fils d'un Kényan noir et d'une américaine blanche, né à une époque où l'union de ses parents était illégale sur la majeure partie du territoire américain, s'explique par le symbole que cela représente en termes d'évolution de la perception raciale aux É-U et la projection de cette évolution sur le monde entier. B. Obama a donc été aux yeux de beaucoup, l'aboutissement de la longue lutte pour une égalité des droits civiques, sans distinction de race ou de sexe, une lutte symbolisée aux É-U par Rosa Parks, Martin Luther King et Malcolm X. 

Huit ans après son élection, B. Obama a-t-il changé radicalement la perception raciale dans le monde ? Rien n'est moins sûr.

D'abord, d'aucuns ont commencé dès son élection par nier le fait même qu'il soit Noir. Certains s'appuyant sur le fait qu'il soit plutôt métisse, d'autres sur l'inexistence proclamée de la notion même de race. Même si cette dernière proclamation peut s'appuyer sur une bonne intention, il faut se rendre à l'évidence que la réalité de la condition raciale vécue par des millions de personnes aux É-U et dans le monde va au-delà de l'acceptation ou du rejet d'un simple vocable.

La condition raciale s'appuie sur une réalité faite de perception, de condition sociale, économique, culturelle et historique, qui ne peut être ignorée ou dissoute par la simple élimination d'un mot du langage humain. Bien au contraire, on peut même penser qu'appeler un chat un chat permet de poser le problème, de l'analyser et peut-être de faire un pas vers la solution. Barack Obama s'identifie comme Noir par choix identitaire ou par simple acceptation de la réalité que lui impose la société américaine.  Pour d'autres qui ont minimisé l'événement, l'intention n'est pas forcément de prôner la neutralité raciale, il s'agit simplement de nier la race dans le succès et de le rappeler dans l'échec, sachant que les minorités sont toujours les plus stigmatisées.

L'autre raison de douter du progrès sur le front des relations raciales, c'est qu'au niveau interne, la situation des Noirs ne s'est, pour le moins dire, pas améliorée. Selon le Professeur Frederich Harris de Columbia University, «loin d'avoir induit pour les Noirs plus d'influence sur la politique américaine, l'accession d'Obama à la Maison Blanche a consacré le déclin d'une politique de confrontation des inégalités raciales»[4]. D'une part, l'avènement d'Obama a été interprété comme la fin du racisme et par conséquent celle de toutes les mesures pour en contrer les effets; la voix de ceux qui se battaient contre étant devenue inaudible. D'autre part, la victoire d'Obama s'est révélée comme un coup de pied dans la fourmilière des racistes de tous bords, qui ont décidé de jeter leurs masques pour livrer une bataille ouverte pour la préservation de leurs privilèges.

On a ainsi assisté à une floraison de commentaires insultants vis à vis du président, une obstruction sans commune mesure de la capacité même du président à gouverner de la part du congrès et une montée d'actes racistes y compris de bavures policières vis à vis des Noirs. A titre d'illustration, la police américaine a tué près de 100  Afro-américains non armés au cours de l'année 2015, dont seulement dix cas ont abouti à des mises en accusations des auteurs de ces homicides[5].

Tout se passe comme s'il y a un désir de rappel du statu-quo en matière de relations raciales.  L'un des cas les plus choquants de tueries à connotation raciste aux É-U a été le meurtre de Trayvon Martin, un adolescent noir (sans arme) qui a été tué par un vigile de quartier alors qu'il rentrait chez lui. L'auteur du meurtre a été mis en accusation puis acquitté par un jury majoritairement blanc au motif qu'il s'agissait d'une situation de légitime défense. Le rêve d'une plus grande égalité de traitement devant la justice s'est révélé illusoire pendant la présidence d'Obama, tout au long parsemée d'événements de ce genre.

Par ailleurs, ses critiques lui reproche de n’avoir pas fait usage de son pouvoir présidentiel pour démanteler le système d’incarcération de masse. Les É-U comptent en effet une population carcérale de 2,4 millions dont la vaste majorité sont des Noirs. Les Blancs qui représentent 64% de la population américaine ne constituent que 39% de la population carcérale alors que les Noirs qui représentent 13% de la population en constituent 40%[6]. On s’attendait à ce que B. Obama fasse un effort pour réparer cette injustice flagrante qui date de plusieurs décennies.

La déception des Afro-américains n'était pas que sur le plan judiciaire. Sur le plan politique, il faut noté la résurgence de lois contraignantes dans une trentaine d’États dirigés par des Républicains, sur le droit de vote. Ces lois viennent rendre extrêmement difficile l’exercice du droit de vote par un bonne partie des Afro-américains. Un droit qu’ils ont pourtant acquis de longue lutte en 1965. A la liste des recules pour les Afro-américains, Frederick Harris ajoute «l'impact disproportionné de la crise immobilière sur les Noirs, le taux de chômage et la persistance du SIDA». La présidence d'Obama a effectivement débuté dans un contexte de crise financière et économique mondiale, qui aux É-U a particulièrement touché les Noirs. Ceux-ci ont été affectés de façon disproportionnée par le taux de chômage et par les prêts hypothécaires toxiques que certaines banques leurs ont intentionnellement refilés[7].

Si le progrès espéré par les Afro-américains a été en deçà de leurs attentes, que peut-on dire du reste du peuple américain, notamment sa composante jeune qui a fortement soutenu l'élection d'Obama ? La réponse à cette question nécessite l'examen de la deuxième raison de l'enthousiasme suscité par son élection. 

Bien plus que la promesse d'une évolution dans les relations raciales, c'est le rêve vendu par Obama sur la révolution politique qu'il comptait instaurée qui lui a attiré le soutien des jeunes. Il avait promis de réussir là où les autres avaient échoué. «Sur tous les fronts, il y a des solutions claires et reconnues qui puissent renforcer ce pays, nous allons surpasser la peur et la frustration ressenties par les gens. Notre rôle est de s'assurer qu'en progressant, nous donnons aussi aux gens un espoir et une vision pour le futur»[8], avait-il affirmé. Il avait promis de vaincre le cynisme en ces termes : «En fin de compte, cette élection porte sur ceci: allons-nous céder au cynisme ou affirmer notre espoir dans la politique ?»[9]

A-t-il réussi sur tous ces fronts?


Pour convaincre de sa réussite, l'administration Obama cite ses réalisations les plus importantes. D'abord à sa prise de fonction, l'économie américaine était en déclin. Le taux de chômage était galopant. Le plan de relance de l'économie adopté en 2009, qui s'est chiffré à 787 milliards de dollars, a permis de freiner la chute du PIB et d'inverser la tendance de l'économie. Notamment, l'industrie automobile américaine a été sauvée. Le taux de chômage qui  a atteint un pic de 10% en 2009 est redescendu sous la barre des 5% en 2016. Près de 90 milliards de dollars ont été investis dans l'efficacité énergétique, l'incitation au développement des véhicules électriques, l'énergie verte, etc. Barack Obama peut donc être crédité de la victoire sur la plus grande crise économique depuis les années trente.

Cependant, sa réalisation la plus emblématique demeure la mise en place en 2010 de la loi sur l'assurance maladie. Cette loi aurait permis à quelques 32 millions d'Américains de bénéficier d'une couverture sanitaire. Elle a en outre permis de réduire les coûts de l'assurance maladie et d'interdire l'évocation par les compagnies d'assurance maladie des conditions préexistantes pour empêcher ceux qui sont vraiment malades de souscrire à des assurances.

En Novembre 2014, après des critiques sur le nombre très élevé d'expulsions de sans papiers sous son administration comparé à ceux des administrations précédentes, Obama a signé une série de décrets pour geler l'expulsion de près de 5 millions de résidents sans papiers. Notamment, ceux qui sont entrés sur le territoire américain au bas âge échappent désormais aux mesures d'expulsions.

Ces réalisations quoique importantes sont très loin de satisfaire les critiques d'Obama parmi lesquels figurent certains de ceux qui ont fortement soutenu sa campagne. On lui reproche d'avoir céder sur certains points de sa loi sur l'assurance maladie, dans l'objectif de rallier ne serait-ce qu'une seule voix républicaine, sans succès au bout du compte. Malgré la plus grande accessibilité de l'assurance maladie, un peu trop de pauvres s'en trouvent toujours exclus. La loi s'est financée au détriment de certains services sociaux alors que les plus pauvres en avaient aussi besoin. De plus, cette loi ne fait rien d'autre que d'obliger tout citoyen dont le revenu le permet à «acheter» un produit commercial. Beaucoup auraient préféré une assurance maladie universelle.

On lui reproche aussi de n'avoir pas assez fait pour soulager ceux qui étaient durement touchés par la dette hypothécaire. Sur l'immigration, on estime à 1.4 millions, le nombre de personnes expulsées au début de la présidence d'Obama, soit une moyenne de 32 milles par mois, contre 21 milles/mois pour Bush et 9 milles par mois pour Clinton. Il s'est avisé par la suite et a gelé les expulsions, mais sa réputation s'en est trouvée entachée.

Enfin, l’embellie économique générée par la présidence Obama s’est accompagnée d’une montée drastique des inégalités de revenus dont certains pensent qu’elles se sont davantage accentuées durant la présidence de Barack Obama. Le président lui-même reconnaît ce fait en affirmant que durant sa présidence, 95% de la richesse créée par le pays entre 2009 et 2012 a été accaparée par les hyper-riches qui ne constituent que 1% des Américains.

S'il faut convenir que l'espoir suscité par l'élection d'Obama ne s'est pas totalement matérialisé, peut-on pour autant lui tenir pour responsable ?

L'une des principales raison de ce bilan mitigé est la stratégie de blocage totale opérée par les Républicains. On rapporte[10] qu'au soir de l'élection d'Obama, un certain nombre de Républicains influents se sont réunis pour «lécher leurs blessures» et concocter une stratégie de lutte politique. Les discussions auraient abouti à une décision de bloquer autant que possible au congrès toutes les démarches du président. Ainsi, près de 500 propositions de lois ont-elles été bloquées de la sorte pendant le premier mandat d'Obama. Cette stratégie s'est accompagnée d'une véritable campagne de diabolisation du président pour le délégitimer. Cette tactique de la terre brûlée puise en partie ses raisons dans le coup de pied dans la fourmilière mentionnée plutôt. Obama a donc été freiné par le régime constitutionnel bipolaire des É-U, où le président et le congrès s'égalisent en pouvoirs.

Cependant, les critiques d'Obama lui reprochent de ne s'être pas assez battu, tel qu'il l'avait promis. Sur l'assurance maladie, le président avait la majorité requise au début de son mandat pour faire passer la version de la loi qu'il voulait. Il aurait fait preuve de naïveté en voulant être trop conciliant avec les Républicains. D'aucuns pensent que «quand on fait fasse à des adversaires déraisonnables, on ne doit pas négocier». Les Républicains semblent avoir réussi à forcer Obama à appliquer leurs propres recettes sans rien concéder. En échange il n'a écopé que de la désinformation et par dessus tout la déception de ses propres partisans.

Une autre explication fournie par Obama et son administration sur la perception à mis-teinte de son bilan est que son action aurait été «mal vendue» au peuple américain. C’est-à-dire qu’il aurait insuffisamment communiqué sur ses succès au point de laisser ses adversaires imposer une fausse perception de la réalité. Effectivement, la machine à communication des Républicains avait réussi à faire croire à certains de leurs militants qu’Obama allait restreindre leur accès aux médecins, qu’il leur empêcherait d’avoir des emplois et qu’il ferait exploser le déficit budgétaire, malgré le fait que sur chacun de ces points c’est exactement le contraire qui s’est passé. C’est tout de même paradoxale qu’Obama, universellement reconnu comme un grand orateur, se plaigne d’avoir insuffisamment communiqué sur ses réalisations.

En réalité, la présidence d'Obama dont on avait espérée qu'elle entamerait une ère post-raciale a révélé au grand jour la persistance de la considération raciale. L'obstacle sur lequel a buté Barack Obama est un terrain familier pour tout Noir ayant vécu à l'extérieur de l'Afrique, notamment en Occident. Il faut être deux fois plus bon pour être reconnu deux fois moins. Le racisme consistant d'abord à nier le talent par les préjugés et, quand on n’arrive pas à l'étouffer dans l’œuf, ensuite à provoquer l'échec par le sabotage pour mieux conforter son préjugé initial. C'est l'attitude des Républicains dont on peut mesurer l'absurdité à travers le résultat de leur entreprise d'intoxication de l'opinion: Donald Trump, dont la plupart des dirigeants républicains veulent eux-mêmes se distancer maintenant.

Barack Obama n’a pas caché son amusement suite à la nomination de Donald Trump, ce milliardaire excentrique et grossier, comme candidat des Républicains aux élections présidentielles. Il prend ainsi sa revanche sur ceux qui ont été brûlés par le feu d’irrationalité qu’ils ont eux-mêmes allumé dans l’opinion publique. En voulant détruire à tout prix la présidence d’Obama, ils ont fini par se détruire en tant que parti, en se mettant à dos des groupes d’électeurs américains de plus en plus nombreux comme les jeunes, les latino-américains ou les descendants d’immigrés.

Quant à l'attitude muette d'Obama sur les difficultés des Noirs sous son mandat, il faut le mettre sur le compte de son soucis de s'assurer qu'un autre Noir puisse jamais devenir président après lui. Paraître revanchard ou partisan était le piège facile qu'il devait éviter. Pour le chercheur et écrivain Jodd Steven Burroughs, «Obama a troqué toute idée de liberté intellectuelle comme celle de Martin Luther King ou Malcolm X, pour un patriotisme pratique»[11]. Il ne faut pas compter sur lui pour laisser éclater sa «colère noire». L'enjeu est bien trop important!

Son hésitation méthodique et presque professorale s'explique par le poids de la responsabilité pharaonique qui pèse sur ses épaules. A travers lui, c'est tous les Noirs qui sont jugés, à tort peut-être mais cela n'en demeure pas moins vrai. Quand on veut fixer un clou, on procède d'abord par une tape légère pour l'immobiliser, ensuite on tape fort pour l'enfoncer. La présidence d'Obama représente plus ou moins pour les Afro-américains la première tape.  Il ne pouvait pas se permettre d'échouer. Plus que le destin d'un seul homme, c'est celui de tout un peuple qu'il avait entre les mains.

En résumé, la présidence d'Obama peut être évaluée avec les propos de Saladin Ambar, professeur agrégé de Sciences politiques à l'Université de Lehigh, «Je crois que la plupart des historiens et des spécialistes vont conclure qu'il a fait aussi bien que n'importe quel autre président ayant eu les mêmes moyens»[12]. C'est bien modeste mais c'était ça l'objectif et il semble avoir été atteint à 100 %.

Notes

1. «Tonight new dreams are born and old truth are affirmed. Tonight we enter a new America, the best America, the America of our highest hope».»John Kerry, déclaration. [Retour]

2. "Rosa Parks sat so Martin Luther could walk
Martin Luther walked so Barack Obama could run
Barack Obama ran so all the children could fly"
Jay-Z, 2010. "My president is Black", Chanson. [Retour]

3. "Your victory has demonstrated that no person anywhere in the world should not dare to dream of wanting to change the world for a better place". Nelson Mandela. [Retour]

4. https://www.washingtonpost.com/opinions/still-waiting-for-our-first-black-president/2012/06/01/gJQARsT16U_story.html [Retour]

5. http://mappingpoliceviolence.org/unarmed/ [Retour]

6. http://www.prisonpolicy.org/reports/pie2016.html [Retour]

7. http://www.nytimes.com/2009/06/07/us/07baltimore.html [Retour]

8. «On every front there are clear answers out there that can make this country stronger, but we're going to break through the fear and the frustration people are feeling. Our job is to make sure that even as we make progress, that we are also giving people a sense of hope and vision for the future.» Barack Obama, Discours. [Retour]

9. «In the end, that's what this election is about. Do we participate in a politics of cynicism or a politics of hope?» Barack Obama, discours. [Retour]

10. http://www.pbs.org/wgbh/frontline/article/the-republicans-plan-for-the-new-president/ [Retour]

11. http://www.theroot.com/articles/politics/2016/02/democracy_in_black_3_writers_wrestle_with_president_obama_s_blackness.html [Retour]

12. http://www.theroot.com/articles/politics/2015/12/historic_presidency_historic_opposition_the_legacy_of_president_barack_obama.html [Retour]

Dernière modification le Samedi, 14 Mai 2016 11:17